Face aux épreuves de la vie, l’accompagnement de vie et fin de vie est bien plus qu’un simple soutien médical ou paramédical fait par les professionnels de santé comme les Infirmier(e)s, les aide-soignant(e)s, les psychologues….
Dans toutes formations liées à l’Accompagnement de Fin de Vie, la première notion est que l’AFV est un acte profondément humain, un acte plein d’amour, d’écoute et de présence (Merci à JALMALV Nice et particulièrement à Martine Binda pour la formation, la transmission et l’accompagnement des apprenants : déjà 8 ans !).

En tant que professionnelle, pour moi, l’Accompagnement de Fin de Vie (AFV) est une thérapie qui permet de soulager le patient mais également les aidants qui le soutiennent. La fin de vie est un sujet très souvent tabou, certains utilisent les termes « sujet sensible » mais avec le temps, le sujet reste toujours tabou pour une grande partie de la population. Qui n’a pas déjà vu quelqu’un faire l’autruche face à ce sujet ?

Lorsque la thérapie de l’AFV commence, le patient peut trouver un espace de parole, neutre, sans jugement, avec sa thérapeute qui l’accompagne. Cet espace, dans un endroit calme, est totalement confidentiel. Sans compter que les familles peuvent avoir également besoin de cet espace de parole. C’est là que le thérapeute qui fait de l’Accompagnement de fin de vie a toute son importance.

La thérapie de l’accompagnement de fin de vie repose sur une approche pluridisciplinaire (voir les différents articles du blog sur ce sujet).

Dans cet accompagnement, nous pouvons mobiliser :
● médecins
● infirmiers
● psychologues
● assistants sociaux
● aumôniers
● bénévoles
● et parfois art-thérapeutes ou musicothérapeutes.

Tous agissent ensemble pour répondre aux besoins spécifiques du patient, qu’ils soient :
● physiques
● émotionnels
● existentiels.

L’objectif n’est pas de guérir, mais d’offrir la meilleure qualité de vie possible jusqu’au dernier instant.
Ne jamais oublier que la personne est vivante jusqu’au bout, avec des envies, des besoins, des pensées… L’environnement est très important et très souvent la thérapeute utilisera les sens du patient pour l’apaiser :
● un lieu reposant pour la vue
● les odeurs dans certains cas avec l’aromathérapie
● les bruits « nocifs » réduits au maximum (certains proposent une musique au malade)…

Cela implique une écoute attentive, une présence constante et un respect absolu des volontés du patient. Chaque accompagnement est unique, car chaque fin de vie l’est aussi. L’objectif de la thérapie de l’AFV est d’accompagner par une présence souhaitée par le patient.

thérapie accompagnement fin de vie

La thérapeute en accompagnement de fin de vie joue un rôle essentiel. Elle aide le patient à exprimer :
● ses peurs
● ses regrets
● ses colères
● ses espoirs…

Faciliter la communication est une priorité avec la personne malade mais c’est également d’une grande importante avec la famille, souvent bouleversée, démunie ou en retrait face à la situation.

Ce soutien psychologique peut permettre d’apaiser certaines angoisses (celle de la mort ou de la souffrance en général), de favoriser l’acceptation et parfois même de redonner du sens à la vie qui va se terminer.

Avec cet accompagnement, la thérapie peut aider le malade à faire le bilan de son existence (certains le feront, d’autres non). Il semble que la priorité de cet accompagnement soit de réconcilier le patient avec lui-même et peut être avec certains membres de la famille (attention à garder la bonne distance professionnelle).

Certains malades demanderont des pratiques que nous accueillons sans jugement comme la méditation, mais aussi la prière et d’autres voudront écrire, écrire à ceux qu’ils aiment. La thérapeute peut accompagner le malade dans ce type de demande.

La thérapie de l’accompagnement de fin de vie peut être un accompagnement psychologique pour les familles, avant (au moment de l’annonce de la maladie grave ou incurable), pendant et après le décès.

Cet accompagnement sur le court ou long terme peut aider à :
● préparer la séparation
● vivre le deuil de manière plus sereine
● préserver des souvenirs apaisés.

Les familles vivent eux aussi une épreuve intense, avec de la tristesse, de la fatigue, de la culpabilité. En ce sens, il est indispensable de garder à l’esprit que chaque personne est différente et qu’elle réagit différemment face à la maladie et à la fin de vie.

La thérapie liée à l’AFV peut inclure les membres de la famille (qui le souhaitent) :
● groupes de parole
● entretiens individuels
● soutien au deuil.
De nombreuses associations le proposent gratuitement.

Après le décès, l’accompagnement peut se poursuivre pour aider les familles à mettre des mots, à exprimer des émotions et à les comprendre.

thérapie groupe de deuil

En conclusion, la thérapie liée à l’Accompagnement de Fin de Vie, en tant que soin relationnel, ne guérit pas mais soulage le patient et les aidants.
Il est essentiel d’accueillir et de respecter la parole reçue, dans la bienveillance et le non-jugement. Souvent le malade verbalisera le plaisir de voir la personne qui l’accompagne et qui l’écoute. Dans l’accompagnement de fin de vie, il est indispensable de se questionner, d’ouvrir la discussion sur nos pratiques comme faut-il tout dire au patient ? Comment respecter ses choix, même s’ils vont à l’encontre des attentes familiales (rédaction des directives anticipées) ?

A propos de l'auteur

Devenue formatrice en accompagnement de fin de vie pour accompagner mon meilleur ami malade dans ses derniers moments de vie, je me suis rendu compte qu'il était difficile d'oser parler de la fin de vie que ce soit : pour les malades, pour les proches, pour les aidants professionnels. A travers ce blog, je souhaite aborder tous les sujets liés à la fin de vie sans tabou. L'idée ? Que chacun puisse trouver les informations dont il a besoin, mesurer l'importance de ses décisions, parler plus facilement de ces sujets qui font peur, mieux vivre l'accompagnement de fin de vie.

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