Ecoute bienveillante, de quoi parle-t-on…

Tous les jours, on pense écouter et être à l’écoute de nos amis ou de notre famille mais le fait-on sans jugement et sans projection ? La plupart du temps non, on entend le message mais on se jette dessus pour donner une réponse ou un conseil sans réellement entendre. Et ça, on le fait tous les jours.

Dans l’accompagnement de fin de vie, la meilleure écoute est l’écoute bienveillante, une écoute neutre, sans jugement, sans interprétation et sans projection ET toujours dans l’instant présent, aujourd’hui.

Elément clé de l’écoute bienveillante : la reformulation

Quelle erreur ne pas commettre en matière d’écoute ?

Lorsqu’une personne en fin de vie veut parler de ses peurs, de ce qu’elle ressent, ou même de sa mort, la plupart des gens veulent, par bienveillance, stimuler la personne et répondent :

« mais non tu ne vas pas mourir ».

La personne âgée reçoit cette phrase comme un véritable mensonge, puisqu’elle le ressent.

Dès lors, l’aidant n’a plus aucune crédibilité. Et la personne âgée se trouve de nouveau isolée et condamnée au silence.

Comment installer l’écoute en miroir ?

Lors de l’écoute bienveillante, l’aidant doit être capable de prendre en compte la souffrance de la personne âgée et reformuler les paroles du patient ou du résident.

C’est difficile au début mais rapidement, l’écoute en miroir se met en place. L’aidant professionnel doit apprendre ce nouveau soin qu’est l’écoute, car l’écoute permet de s’effacer pour que l’autre se livre.

Ecoute bienveillante : de quelle façon reformuler ?

La reformulation peut être faite :
✔ De manière littérale (mot à mot)
✔ Par la clarification (« si j’ai bien compris, tu … », « que ressentez-vous … »)
✔ Par le résumé (juste l’essentiel)
✔ Par le reflet (« j’en déduis », « je ressens votre peine, votre colère … »)

Dans l’écoute active, l’écoutant va recevoir les sentiments par résonance et il faut savoir arrêter l’accompagnement si on est débordé ou affecté.

Rôle du silence et du toucher dans l’écoute bienveillante

Le silence

Dans l’écoute active, le silence a toute sa place pour bien écouter. Il est très difficile de laisser des blancs comme des temps de pause à la personne qui se révèle. Le silence est un art et il se pratique.

Le toucher

Le toucher aide à la communication et c’est le moyen radical d’être ici et maintenant. Ce climat de confiance favorise l’échange, mais seul le patient peut vous autoriser à poser votre main sur son bras ou sur son épaule.

A propos de l'auteur

Devenue formatrice en accompagnement de fin de vie pour accompagner mon meilleur ami malade dans ses derniers moments de vie, je me suis rendu compte qu'il était difficile d'oser parler de la fin de vie que ce soit : pour les malades, pour les proches, pour les aidants professionnels. A travers ce blog, je souhaite aborder tous les sujets liés à la fin de vie sans tabou. L'idée ? Que chacun puisse trouver les informations dont il a besoin, mesurer l'importance de ses décisions, parler plus facilement de ces sujets qui font peur, mieux vivre l'accompagnement de fin de vie.

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